Pour se rencontrer entre amis, échanger, parler de tout et de rien.
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 La Drave

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Pest

avatar

Messages : 7106
Date d'inscription : 16/11/2010
Localisation : Lanaudière,Quebec

MessageSujet: La Drave    Ven 14 Mar - 4:53


Les gens partaient de leur village pour l'hiver

en haut du St-Maurice et revenaient au printemps.

Travail dangereux !


Très beau documentaire…  







http://www.onf.ca/film/drave


Revenir en haut Aller en bas
http://ma-planete.com/pest
Jeannine



Messages : 13664
Date d'inscription : 25/03/2011
Localisation : Bourgogne

MessageSujet: Re: La Drave    Sam 15 Mar - 17:58



Merci ma chère Carmen -
J'ai  apprécié  ce beau  documentaire .
On peut  ainsi découvrir beaucoup  mieux connaitre le dur labeur  des   draveurs .. affrontant
au péril de leur vie  ...par temps de glace ...
 et la séparation avec leur famille  pendant toute une saison ... surveille  la plus dure !!

 reflechi ...Je n'imaginais pas  qu'on se servait de la dynamite  sous l'eau pour débloquer
ces billes de bois  coincées dans les glaces .... et l'équilibre  associé à la rapidité  qu'il  fallait avoir .. 

C'est toute la différence  de vie  avec celle  notre pays . Tout est gigantesque ..

Je me souvenais  d'avoir entendu  nos anciens raconter certains faits  " semblables " sur
le flottage des bois  dans l'Yonne

Google  m'a aidé  à  retrouver  ce que je savais  ....

Je ne veux  surtout pas ici  faire de comparaison ... avec le Canada

J'avoue que c'est un peu  long mais on doit  le savoir ... surtout nos jeunes  !!!
je ne vous fais pas la traduction de certains passages  qui  sont écrits .
...j'ai  entendu parlé ainsi  c'est un peu " émouvant " pour moi ..
======

Le flottage des bois   fut employé sur l'Yonne et la Cure préalablement
à la constitution des trains à Clamecy et Vermenton.
Il a été utilisé très tôt dans le Morvan,

Au début du 16ème siècle, Paris manquait de bois pour se chauffer,
les forêts avoisinantes
ayant été petit à petit dévastées à l'exception du Domaine Royal, par définition intouchable.

C'est alors que différentes tentatives eurent lieu pour transporter du bois à Paris par flottage
sur les rivières (l'Yonne, la Cure, affluent de l'Yonne, puis la Seine dans laquelle se jette l'Yonne
et qui traverse Paris). Si la technique fut mise au point par Charles Lecomte (nullement parent de
votre serviteur), c'est Jean Rouvet, un négociant parisien, qui organisa le commerce.

C'est ainsi que le premier train de bois arriva à Paris le 20 avril 1547 au quai des Célestins.

Deux ou trois étapes étaient nécessaires pour atteindre Paris : le flot (unique sur la Cure, divisé
en petit et grand flot sur l'Yonne) acheminait le bois "à bûches perdues" jusqu'aux points de
regroupement de Clamecy (Yonne) ou Vermenton (Cure).
La dernière étape consistait à construire des trains pour aller jusqu'à Paris.



Les trains de bois

A la fin de l'été, alors que le niveau de l'eau remonte, des trains sont constitués.

Les bûches sont assemblées sous la responsabilité du "flotteur"qui sera responsable du transport. Pour cela, il est assisté d'un "tordeur", d'un "approcheur", d'un "garnisseur" et de deux "compagnons".
Ils construisent les coupons qui sont ensuite assemblés de la manière suivante : sept coupons et
deux labourages constituent un demi-train.
Un train entier représente environ 200 stères de bois, soit 200 m3.

Un nouveau lâché d'eau, "l'éclusée", lance le train en direction de Paris.

Le flotteur est debout à l'avant du radeau, tenant en main sa perche. Un apprenti, installé à
l'arrière, l'aide pour la partie du trajet la plus difficile, c'est à dire le début.
Le train mettra une quinzaine de jours pour atteindre Paris. Le flotteur aide au franchissement
des obstacles, de jour comme de nuit, car le train ne s'arrête jamais.

Vers la fin du voyage, les trains sont parfois halés par des chevaux pour atteindre les ports de
Charenton ou de Bercy où ils seront démontés. Le flotteur regagnera à pied son Morvan natal en
quatre jours.

La fin du flottage

Du 16ème jusqu'au début du 20ème siècle, l'exploitation des quelques 50.000 ha de forêts
du Morvan a permis d'alimenter Paris en bois de chauffage.
La concurrence du charbon comme combustible, des bateaux et du chemin de fer comme moyen
de transport ont mis fin au flottage.
Après la disparition des trains de bois, le flottage à bûches perdues a continué jusqu'en 1923 sur l'Yonne et 1927 sur la Cure.

Vers 1890, les flotteurs de l’Yonne, aux mœurs bien particulières, portaient, avec le pantalon de
velours côtelé, une courte blouse de poulangis dite bourgeron.
Les flotteurs de l'Yonne portèrent longtemps non le béret des débardeurs parisiens dit "plumet"
bien qu'une carte postale largement répandue voudrait le faire croire - mais la casquette de soie noire,
assez haute, confectionnée depuis le début du Second Empire par une ouvrière de Clamecy.




Copie  du net …  Un bon morvandiau  …

Témoignages

1978 / 1979 - Deux hommes ayant participé au flottage sur la Cure entre le Ru de Saint-Marc et
le Ru de la Nesle (Lingoult) racontent leurs souvenirs...

M. Octave Pichot, agriculteur en retraite à Athée, Saint-André-en-Morvan, est âgé de 83 ans.
Alors qu'il n'avait qu'une quinzaine d'années, il participait au flottage sur la Cure avec des camarades de son âge.


Y en ai qu'étint hardis pou entrer dans iau ; pou défaire des fois des piles qu'étint airétées vé
une grosse roche ; alors les beuces s'arqueboutint lai peu au fur et à mesure qu'ai l'en venot du
haut ai se collint de conte ai peu tout le temps ; alors ai feillot monter dechus pou l'erfer erdémarrer
peu des fois tu partos quant une longueur de bois d'ichi lai route (7 - 8 mètres) ; çai te tapot
dans les jambes, partout. Ai y aivot une échelle de chaque côté qu'on jetait sur la pile pou sortir.
Quand çai faitot des tas coume çai, on aippelot çai une roûtie.

Tins, au m'lin de Saint-André, c'étot pas le filon daiquant les chevalets ; ai y en aivot du bois
d'airété lai ! On ailot sarcer çai é Iles pas loin des Iles et on aimenot çai jusque sô Chastellux ai lai
Nesle, au ru de lai Nesle ; peu lai, ai y aivot des gars qu'erpeurnint lai suite.
Peu é Iles on rencontrot les gars que venint de pus haut ; peu y en aivot que s'en ailint, qu'en aivint
aissez. On étot une bande lai-dessus, bien une trentaine, 40 ai feillot du monde, vieux.
On siguot lai rivière, c'étot nettoyé en ce temps-lai ; peu de temps en temps ai y aivot des roûties.

Le bois blanc, ça flotte pas mal, le charme flotte bien aussi ; mais le chêne, mon vieux, pas du tout ;
le foyard, bien aitou ; parce que dans le chêne ai peurnint tout, dans ce temps-lai ai ne pardint pas le bois ; les taules de pièce, ça flotte mal ça, ça a une peau épaisse, une fois que c'est plein d'eau, ça coule. Ai l'aippelint çai des canards ; çai restot pou l'an-née d'aipré ; ai y aivot des gars exprès
que passint peu que les retirint de l'eau une fois que le flot étot passé pace que quand min-me
que tu les eus outées pou les ermette dans iau, ai se piantint peu ai y aivot ren ai fé ;
alors ai les empilint le long de lai rivière pou l'an-née d'aipré.

Une fois qu'on étot ai Chastellux, on ermontot chez soi ; feillot compter 8 - 10 zors de flottage
au printemps tous les mateignes.
Peu on se pressot pas ben pou descendre de là-haut ; çai comptot dans lai zornée ! Oh ! Peu ai feillot trâner l'éselle ; ai feillot éte deux bonshommes pou lai porter.
Peu dans des coins, c'étot pas facile de lai porter, dans les branches tout ça, mai çai se faitot.
Peu les musettes, feillot les porter. Peu pou le goûter ai midi, mai fouai, le flot s'airrétot ai peu
c'que velot descendre, çai descendot quouai que tu veux.

Çai se peurnot pus bas dans une roche peu on le défaitot aipré le goûter d'aiquand les aicrots.
L'éselle, çai sarvot ai monter chu le tas de bois ; ai y en aivot des fois de 1 m.50 d'épaisseur
ai peu pou les airaicer de dedans, attention. On essaiyot de fé un passage au milieu.

Des fois, lai force de iau, çai faitot torner c'qu'étot pris. Ma ai feillot fé attention de pas partir
d'aiquand le bois ; pare qu'ai t'embarquot, hein ! Pace qu'ai y aivot d'iau attention,
peu on mettot  l'éselle pou en sortir.
S'ot des hommes que y ailint, des gars de 25-30 ans ; peu ai y en aivot qu'aivint pas pou d'iau,
tu sais. Ai rentrint dedans tout haibillés ! Mouai, j'aivos 15-16 ans dans ces moments-lai.
On étot payé ai lai zornée, i me raipeule tozors du prix : 7 francs par zor.
Ah ! c'étot des drôles de zornées, vieux ! Ma nous, on y ailot putôt en rigolade, en gameignes,
tu vouais ben. Les gars étint payés pus cher ; nous, c'étot les arpettes du flot.
C'étot les facteurs que nous payint ; i me raipeule tozors, ai l'étot de Mongaudier (commune de
Marigny l'Église) le bonhomme, c'étot un nommé Jean C... . On ailot se fé payer ai Marigny chez
un bistrot, le rendez-vous étot dounné lai. On étot prévenu quouai. Çai devot veni du marchand
de bois, cet argent là.

Quand on descendot, on arrivot au Chalaux du temps que le lac n'étot pas fait ; ai y airrivot pas
beaucoup de bois de por lai, ai y aivot pas tant d'iau que chu lai Cure. Lai, çai fiotot ben.
Ma des fois, une beuce se piquot dans une roche, alors tu parles si les ôtes aivint de lai prise
pou s'y coller, ai se mettint en travers. T'entendos que ç'ai tocot des coups le bois.
Ai y aivot une charge ! c'étot pas facile ai déprendre, s'ot coume quand t'é un bon piquet d'aigacia
que t'enfonce ai lai masse. Ben souvent les gars, les principaux fiotteux, ai l'essayint de couper
lai pile en deux de façon que çai torne. Alors çai t'en emmenot, mon pauv'vieux et les gars étint
dessus ! Ai sautint dans iau pou pas se fé esquinter les jambes. Tout haibillés, çai faitot pas chaud.
Ma c'étot une partie de plaisir le flottage ! On rigolot, peu des fois quand les musettes étint loin,
ai nous enviaint les sarcer les gameignes : « Faut ailer sarcer les musettes, ai l'ot temps de goûter !»

On ailot sarcer les musettes qu'aitint aiccrochées por lai. Ah ! c'étot de lai rigolade quoi !
On y ailot putôt en amateurs qu'en vrais fiotteux, tu vouais ben. J'étint ben une quinzaine de
gameignes, des fois d'pus. Ai y en aivot 3 - 4 de Vilaine, ai côté de Montigny. Les gamins djint :
«I ne vont ailer au fiot, marse, i ne vont ailer fiotter ! ». Ine aivint des aicrots aitou, nous...

Le flottage, nous dit M. Pichot, était un «amusement» ; certes, pour ces hommes qui
se retrouvaient ensemble pour flotter pendant une dizaine de jours, l'entreprise avait du bon.

Il n'en était pas de même pour les trieurs de Clamecy et de Vermenton (sur la Cure) qui se retrouvaient au chômage après le flot et qui n'avaient pas la ressource, comme les hommes
du Morvan, d'une petite culture ou d'un travail annexe : la vie des flotteurs du Morvan et celle
des flotteurs de Clamecy n'est pas à comparer et cependant ... si l'Yonne et la Cure
descendent leurs eaux jusqu'à Paris, Paris remontait à elles à travers les idées nouvelles colportées
par les flotteurs qui revenaient de la capitale à pied, après le voyage du flot.

C'est eux qui ont contribué à la solide tradition républicaine du Morvan, pays ouvert aux idées
nouvelles, pays relativement progressiste, en tout cas, pays laissé pour compte par les derniers
gouvernements sous prétexte qu'il « vote mal» !




C'est beau une rivière de bois !


Société scientifique de Clamecy

- On a répertorié plus de 400 marques différentes, représentant des lettres ou des signes permettant d'identifier le propriétaire. Chaque propriétaire avait sa marque. Les marteaux à marteler étaient fabriqués par la maison Berner à Clamecy; le musée de Clamecy en possède une intéressante collection.




Voilà une petite page  d'Histoire de ma région ...


Revenir en haut Aller en bas
 
La Drave
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Au petit bonheur du jour. :: Liens Internet-
Sauter vers: